Agriculture : Les paysans érigent un barrage filtrant au Port du Havre contre l’accord Mercosur

La contestation agricole ne faiblit pas en France. Ce dimanche 11 janvier 2026, les Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime (JA76) ont investi les accès du Port du Havre. Leur mission : inspecter le contenu des camions pour dénoncer l’importation de produits ne respectant pas les normes françaises, alors que l’accord UE-Mercosur cristallise toutes les colères.
Une opération « vérité » sur les marchandises
Une centaine de manifestants s’est relayée dès dimanche pour mettre en place un barrage filtrant stratégique. Contrairement à un blocage total, les agriculteurs ont choisi la méthode du contrôle citoyen. Munis de gilets de sécurité, ils interceptent les poids lourds pour vérifier la provenance et la qualité sanitaire des denrées alimentaires.
« L’idée est de filtrer, mais pas de bloquer totalement l’accès au port, afin de ne pas paralyser l’activité des dockers », explique Justin Lemaître, secrétaire général des JA76.
5 000 camions sous haute surveillance
Le mouvement s’est installé pour durer. Les manifestants ont passé la nuit sur place pour accueillir le pic de trafic de ce lundi matin. Avec près de 5 000 camions attendus pour la reprise de l’activité portuaire, les agriculteurs veulent marquer les esprits et montrer l’ampleur des importations qu’ils jugent déloyales.
Le grief principal reste le même : l’arrivée massive de viande bovine et de volaille sud-américaine. Ces produits, autorisés par l’accord Mercosur, ne sont pas soumis aux mêmes restrictions environnementales et sanitaires (usage d’antibiotiques de croissance, pesticides interdits en Europe) que celles imposées aux producteurs locaux.
Un gouvernement sous pression malgré les promesses
Cette action au Havre, qui fait suite à un rassemblement sur le pont de Normandie la veille, s’inscrit dans un climat national explosif. Pour tenter d’éteindre l’incendie, le gouvernement a récemment annoncé :
- Le déblocage de fonds d’urgence pour les filières les plus fragiles.
- La mise en place de « mesures miroirs » (exiger des importateurs les mêmes normes que les producteurs français).
Cependant, sur le terrain, ces promesses sont accueillies avec un profond scepticisme. Pour les syndicats, tant que l’accord avec le bloc sud-américain n’est pas suspendu ou renégocié en profondeur, la mobilisation se poursuivra sur les axes routiers et aux frontières.

