Arbitrage à la CAN : La CAF de Patrice Motsepe face au défi de la transparence

Depuis le début de la CAN 2025, chaque coup de sifflet litigieux ou penalty accordé au pays organisateur ravive une vieille blessure du football africain : celle du soupçon de partialité. Face à la multiplication des controverses, l’idée d’une enquête indépendante sur la gestion de la Confédération Africaine de Football (CAF) gagne du terrain chez certains observateurs.
Le « syndrome du pays hôte »
Il est statistiquement prouvé que les pays organisateurs bénéficient souvent d’un environnement favorable (soutien du public, pression psychologique sur l’arbitre). Cependant, à l’ère de la VAR, les erreurs sont moins tolérées. Pour les critiques, la récurrence de décisions « généreuses » en faveur du pays hôte ne relève plus du hasard mais d’une volonté politique de garantir le succès commercial et populaire du tournoi jusqu’en finale.
La gestion Motsepe en question
Depuis son arrivée à la tête de la CAF, Patrice Motsepe a promis de la transparence et une professionnalisation de l’arbitrage. Si des efforts ont été faits (augmentation des salaires des arbitres, formations accrues), la perception du public reste marquée par un manque de clarté dans les critères de désignation des arbitres pour les matchs à enjeux.
Une enquête indépendante est-elle réaliste ?
Ouvrir une enquête indépendante nécessiterait l’intervention d’organismes tiers (comme la FIFA ou des cabinets d’audit internationaux). Cela poserait plusieurs défis :
- Souveraineté : La CAF est une instance autonome qui protège farouchement son indépendance.
- Preuves : Distinguer une « erreur humaine d’appréciation » d’une « corruption systémique » est juridiquement extrêmement complexe sans preuves matérielles (écoutes, flux financiers).
- Image : Un tel aveu de faiblesse pourrait faire fuir les sponsors actuels.
La VAR : Une solution qui divise
Paradoxalement, la VAR, censée apporter la justice, a parfois ajouté de la confusion. Les temps d’arrêt prolongés et l’interprétation subjective des images par les arbitres vidéo renforcent le sentiment d’une « justice à deux vitesses ».
Plutôt qu’une enquête judiciaire qui pourrait prendre des années, de nombreux experts préconisent une réforme profonde de la commission des arbitres, avec une publication systématique des rapports d’évaluation après les matchs et une transparence totale sur les processus de sélection. La crédibilité du football africain dépend de sa capacité à prouver que le vainqueur est désigné par le talent, et non par le sifflet.

