Crise en Iran : Ali Larijani promet une répression « ferme » face aux troubles armés

L’Iran s’enfonce dans une crise profonde. Alors que les manifestations liées à la détresse économique entrent dans leur troisième semaine, le régime durcit le ton. Samedi, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, a annoncé une riposte implacable contre ce qu’il qualifie de « sabotage organisé » soutenu par l’étranger.
Une distinction entre colère sociale et sabotage
S’exprimant sur la chaîne Press TV, Ali Larijani a tenté de tracer une ligne rouge entre les citoyens éprouvés par l’inflation et les fauteurs de troubles. Tout en reconnaissant les difficultés économiques réelles, il a fermement condamné les attaques contre les institutions publiques.
« Quelqu’un qui a des problèmes économiques ne brûle pas des commerces. »
Pour le haut responsable, les incendies criminels et les attaques contre les forces de l’ordre ne sont plus des actes de contestation, mais des opérations de guerre intérieure. Les forces de sécurité et l’appareil judiciaire sont désormais en état d’alerte maximale pour répondre de la manière la plus vigoureuse aux éléments armés.
Téhéran dénonce la « main de l’étranger »
Comme souvent lors de crises internes, les autorités pointent du doigt les ennemis historiques du pays. Ali Larijani a explicitement accusé les États-Unis et Israël d’orchestrer le chaos pour déstabiliser la République islamique.
Cette rhétorique est appuyée par les Gardiens de la révolution, qui affirment avoir saisi des fusils d’assaut et des armes de guerre. Selon le renseignement iranien, les adversaires de Téhéran auraient abandonné l’option militaire directe pour privilégier la « guerre hybride » et la subversion interne.
Un bilan humain de plus en plus lourd
Sur le terrain, la réalité est sanglante. Si les autorités confirment une centaine d’arrestations dans la zone de Baharestan, les ONG internationales tirent la sonnette d’alarme. L’agence HRANA rapporte un bilan tragique :
- Au moins 65 morts depuis le début du mouvement fin décembre.
- Plus de 2 300 arrestations à travers le pays.
L’étincelle de cette explosion sociale reste la chute vertigineuse du Rial iranien. La dépréciation de la monnaie nationale a pulvérisé le pouvoir d’achat, transformant une grogne économique en une contestation politique globale que le régime tente désormais d’éteindre par la force.

