Filière arachide : Serigne Mboup interpelle Ousmane Sonko et plaide pour l’ouverture des exportations

À l’aube de la campagne de commercialisation de l’arachide 2025-2026, l’heure est à l’alerte pour Serigne Mboup. Le maire de Kaolack, par ailleurs figure de proue du secteur privé, a adressé une interpellation directe au Premier ministre Ousmane Sonko. Son objectif : lever les barrières à l’exportation pour protéger les revenus des producteurs et éviter une paralysie du marché local.

L’insuffisance de la transformation locale

Le constat dressé par l’édile de Kaolack est sans appel : les unités industrielles nationales ne disposent pas de la capacité nécessaire pour absorber l’intégralité de la production attendue. Selon Serigne Mboup, limiter la commercialisation au seul marché intérieur ferait peser un risque de saturation majeur.

Cette situation, explique-t-il, ouvrirait inévitablement la porte à un « marché noir » où les intermédiaires profiteraient du désarroi des paysans. Pour éviter cette désorganisation du circuit de distribution, le maire plaide pour une autorisation encadrée des exportations, seule mesure capable, selon lui, de fluidifier l’écoulement des stocks tout en garantissant des prix rémunérateurs aux agriculteurs.

Le « contrat de vente » : une solution pour stabiliser les revenus

Au-delà de l’exportation, Serigne Mboup propose une réforme structurelle de la commercialisation. Il suggère la généralisation des contrats de vente signés avant même la récolte.

Ce mécanisme permettrait :

  • De sécuriser les revenus ruraux face aux fluctuations du marché.
  • D’offrir une visibilité financière aux producteurs pour la saison suivante.
  • D’assurer la viabilité à long terme de la filière, pilier central de l’économie sénégalaise et particulièrement de la région de Kaolack.

Un test pour le gouvernement Sonko

Cette interpellation intervient dans un contexte de transition économique où la souveraineté alimentaire et industrielle est érigée en priorité. Cependant, pour Serigne Mboup, le pragmatisme économique doit primer : si l’industrie locale n’est pas prête, le paysan ne doit pas être la victime collatérale d’une politique de protectionnisme prématurée.

Le gouvernement d’Ousmane Sonko est désormais attendu sur sa stratégie pour cette campagne 2025-2026, dans un secteur où chaque décision impacte directement le pouvoir d’achat de millions de Sénégalais vivant en milieu rural.

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