Sénégal : Ousmane Sonko recadre la presse, la justice et la société civile – tensions au sein du camp présidentiel
Sonko hausse le ton : attaques contre les institutions et critiques envers Diomaye Faye
Le Premier ministre Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, a profité de la cérémonie d’installation du Comité national de son parti, ce jeudi, pour lancer une série de mises en garde à l’encontre de plusieurs acteurs clés de la vie publique sénégalaise : la presse, la magistrature et la société civile.
Mais ce sont surtout ses propos virulents envers le président Bassirou Diomaye Faye qui ont marqué les esprits. Ousmane Sonko a reproché au chef de l’État un « manque de soutien », affirmant être la cible d’accusations infondées de « discours contraires aux bonnes mœurs », en référence à l’affaire du chroniqueur Badara Gadiaga.
Guy Marius Sagna monte au front : “Nous ferons face”
La sortie de Sonko a rapidement déclenché des réactions au sein même du camp Pastef. Sur X (ex-Twitter), le député Guy Marius Sagna a publié un message martelé comme un avertissement :
« Trahison : nous ferons face. Embourgeoisement : nous ferons face. Conspiration : nous ferons face. Soit nous respectons nos engagements, soit nous respectons nos engagements. »
Une déclaration à double lecture, adressée autant aux adversaires politiques qu’à d’éventuels dissidents internes.
Le ministre Abass Fall réaffirme sa loyauté envers Sonko
De son côté, le ministre du Travail, Abass Fall, a exprimé sur Facebook une loyauté sans équivoque envers le Premier ministre :
« Loyauté vis-à-vis de cet homme (Sonko) qui a tout donné à son pays. Tambali thi moom, yam thi moom ! Notre maître à penser. »
Avant d’ajouter, dans un ton menaçant :
« Je l’ai dit et redit : rien ne se fera dans ce pays sans toi. »
Une sortie qui intervient en pleine tension politique
Cette déclaration musclée d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par l’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, poursuivi pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, et par une série de débats sur la liberté d’expression au Sénégal.
Elle relance les spéculations sur d’éventuelles fractures au sein de l’exécutif et les tensions internes au sein de Pastef, à peine quelques mois après l’élection présidentielle.

