Liberté de la Presse au Sénégal : Le CDEPS Dénonce de Graves Atteintes Sous le Régime de Bassirou Diomaye Faye

Liberté de la Presse au Sénégal : Le CDEPS Dénonce de Graves Atteintes Sous le Régime de Bassirou Diomaye Faye

Le CDEPS alerte sur la dégradation de la liberté de la presse

Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a dressé un constat alarmant de la situation de la presse privée sénégalaise depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une synthèse détaillée, il dénonce une série d’atteintes graves à la liberté d’informer et à l’indépendance des médias.

Des mesures perçues comme une stratégie d’asphyxie économique et juridique

1. Rejet de l’effacement fiscal accordé sous l’ancien régime

Le régime précédent avait accordé un effacement fiscal aux entreprises de presse durement touchées par la crise du Covid-19. Cette mesure de soutien a été refusée par le nouveau pouvoir, sans mesure alternative, plongeant les médias dans une précarité financière accrue.

2. Campagne de discrédit contre la presse privée

Le ministère de la Communication aurait mené une campagne de stigmatisation, assimilant les patrons de presse à des fraudeurs fiscaux. Pourtant, sur les 10,5 milliards de dettes fiscales, 54 % concernent les médias publics, et non les privés.

3. Refus de moratoires pour les dettes fiscales

Les propositions de paiement échelonné soumises par les entreprises de presse ont été systématiquement rejetées, malgré des états financiers certifiés témoignant de leurs difficultés réelles.

4. Blocage arbitraire des comptes bancaires

Des comptes bancaires de médias privés ont été bloqués dans le cadre des poursuites fiscales, aggravant la crise de liquidité du secteur.

5. Non-paiement des créances de l’État

Les factures impayées de l’année 2023 par l’État envers les organes de presse n’ont toujours pas été honorées, bien que les prestations aient été réalisées.

6. Résiliation unilatérale des contrats publicitaires

Les contrats de publicité entre l’État, ses agences et les médias privés ont été rompus sur instruction du Premier ministre, en juin 2024, privant les organes de presse d’une source essentielle de revenus.

7. Gel de la subvention de l’État

Bien que votée dans la Loi de finances 2024, la subvention destinée aux médias privés n’a pas été versée, sans explication officielle.

8. Hausse des coûts de diffusion TNT

La baisse négociée des frais de diffusion TNT (à 500 000 FCFA/mois) a été annulée, les tarifs revenant à 3 millions FCFA, rendant la diffusion télévisée quasi inaccessible pour de nombreux médias.

9. Confiscation des bouquets de la société EXCAF

La société EXCAF, partenaire technique de l’État pour la TNT, a vu ses deux bouquets TV confisqués par la DG de TDS-SA, en violation des accords signés par le CNRA. Cette décision politique est perçue comme une tentative de contrôle accru de l’espace audiovisuel.

10. Remise en cause de la légalité des médias indépendants

Le ministère de la Communication tente de restreindre le droit à la création de médias, en contradiction avec la Constitution sénégalaise, qui garantit la liberté de presse sans autorisation préalable.

Une volonté de liquider la presse indépendante ?

Le CDEPS considère que le régime actuel cherche à affaiblir, contrôler ou éliminer les médias jugés critiques ou perçus comme liés à l’ancien pouvoir. Le constat est sans appel : étouffement fiscal, asphyxie économique et négation juridique.

Selon Mamadou Ibra Kane :

« Le régime considère que les réseaux sociaux ont suffi à assurer son élection. Il n’a donc aucun intérêt à préserver une presse traditionnelle qu’il perçoit comme hostile. »

Un appel à la mobilisation pour la démocratie

Le président du CDEPS rappelle que le combat pour une presse libre ne concerne pas uniquement les journalistes, mais toute la société civile : partis politiques, syndicats, confréries religieuses et citoyens. La 3e alternance politique, selon lui, ne doit pas se transformer en 3e épisode de répression médiatique, après celles connues sous Wade et Macky Sall.

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