Fonds Force Covid-19 : Me Oumar Youm remet en cause la légalité des poursuites contre les anciens ministres du régime de Macky Sall

Fonds Force Covid-19 : Me Oumar Youm remet en cause la légalité des poursuites contre les anciens ministres du régime de Macky Sall

Dakar, Sénégal – Dans une lettre ouverte adressée au Procureur général près la Cour d’appel de Dakar, l’ancien ministre et avocat Me Oumar Youm s’exprime avec fermeté sur les poursuites judiciaires visant d’anciens ministres du régime Macky Sall, dans le cadre de l’enquête sur la gestion du Fonds Force Covid-19.

Tout en saluant la volonté affichée de transparence du parquet, Me Youm émet de sérieuses réserves sur la procédure, pointant des risques de dérives juridiques et politiques. Dans une publication sur sa page Facebook, il estime que la communication du parquet, au lieu d’éclaircir les faits, soulève davantage de zones d’ombre. Il appelle ainsi à une réforme de l’article 11 du Code de procédure pénale (CPP) afin de garantir une plus grande liberté d’expression aux magistrats et avocats.

Cinq questions clés sur la légitimité des poursuites

Dans sa lettre, Me Oumar Youm pose cinq questions fondamentales à l’attention du Procureur général, qu’il juge essentielles pour assurer une justice équitable et conforme au droit.

  1. Violation présumée de la présomption d’innocence : Pourquoi une lettre en date du 10 avril 2025, demandant de restreindre les déplacements d’Amadou Mansour Faye, a-t-elle été adressée au ministre de l’Intérieur sans qu’aucune poursuite formelle ne soit engagée ?
  2. Absence de base légale pour la restriction : Sur quelle disposition juridique repose cette mesure, en l’absence de mise en examen ou de charges précises contre l’ancien ministre ?
  3. Carence de preuves dans le rapport de la Cour des comptes : Me Youm affirme qu’aucun élément du rapport de la Cour des comptes ne justifie les poursuites annoncées et met au défi quiconque d’y trouver une base solide contre les ministres visés.
  4. Compétence de la Haute Cour de Justice : Selon la loi organique du 22 février 2002, seuls les ministres peuvent être jugés pour leurs actes en fonction par la Haute Cour de Justice. Me Youm questionne donc la légitimité du parquet à instruire ces dossiers.
  5. Soupçon d’instrumentalisation politique : Le dossier est-il utilisé comme outil politique pour discréditer l’ancien régime ? Le Procureur général a-t-il reçu des instructions politiques pour engager ces poursuites, dans un contexte tendu post-alternance ?

Appel à la responsabilité éthique et spirituelle

En conclusion, Me Youm appelle le Procureur général à faire preuve de rigueur morale et spirituelle, en se référant à des versets du Coran soulignant que « le jugement appartient à Dieu seul ». Il exhorte à une réponse publique et transparente face à ces interrogations légitimes, dans l’intérêt de la justice sénégalaise et de l’État de droit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *