Ziguinchor : jeunes reporters et doyens débattent de la mutation des médias à l’ère numérique

La coordination régionale de la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) à Ziguinchor a organisé un « Ndogou débat » autour du thème « La mutation des médias face au numérique », réunissant professionnels chevronnés et jeunes journalistes dans un cadre d’échange et de partage d’expériences, en ce mois de Ramadan et de Carême.

Entre tradition et innovation

Au cœur des discussions, les transformations profondes du paysage médiatique, marquées notamment par l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle.

Intervenant en tant que panéliste, le journaliste Ibrahima Gassama, également directeur de la radio Number One FM, a salué l’initiative qu’il considère comme un espace essentiel de transmission entre générations.

Revenant sur l’évolution du métier, il a souligné que malgré les mutations technologiques, les fondamentaux du journalisme restent inchangés.

« Le monde a évolué du Nagra à l’intelligence artificielle, mais la pratique journalistique demeure la même dans ses principes. Ces outils permettent d’améliorer la qualité et la diffusion de l’information », a-t-il expliqué.

Selon lui, la digitalisation a contribué à une démocratisation de l’information, rendant obsolète la séparation stricte entre presse écrite, radio et télévision.

L’intelligence artificielle, un outil et non un substitut

Pour Ibrahima Gassama, l’intelligence artificielle ne saurait remplacer le journaliste.

« L’outil ne peut pas supplanter l’homme. L’intelligence artificielle fournit des données, mais c’est au journaliste d’enquêter, de vérifier et d’analyser », a-t-il insisté, invitant les jeunes professionnels à se former en continu pour s’adapter à ces nouvelles réalités.

Il a également mis en garde contre les dérives possibles, notamment la paresse intellectuelle que pourraient engendrer ces outils s’ils sont mal utilisés.

Une jeunesse appelée à s’adapter

Coordonnatrice de la CJRS à Ziguinchor, Fatou Dieng a justifié le choix du thème par la nécessité de préparer la jeune génération à ces mutations.

Elle a insisté sur l’importance de rester professionnel face aux risques de désinformation et de mésinformation, exacerbés par la rapidité de diffusion des contenus numériques.

La précarité des jeunes journalistes au cœur des préoccupations

Au-delà de la réflexion sur le numérique, les participants ont également abordé la question de la précarité dans les médias, particulièrement au niveau local.

Fatou Dieng a interpellé les patrons de presse, appelant à une amélioration des conditions de travail des jeunes reporters.

« Aujourd’hui, on parle d’entreprises de presse. Il faut que les responsables fassent des efforts pour accompagner les jeunes », a-t-elle déclaré, soulignant que de nombreux journalistes évoluent sans contrat ni couverture sociale.

Elle a plaidé pour la régularisation du statut des jeunes professionnels, estimant que la signature de contrats de travail constitue une première étape essentielle pour garantir leur sécurité et leur dignité.

Vers un journalisme réinventé

Cette rencontre a permis de dégager un consensus : le journalisme sénégalais, à l’instar de celui du Sénégal, est appelé à se réinventer dans un environnement numérique en constante évolution.

Entre adaptation technologique, respect des fondamentaux et amélioration des conditions de travail, les défis sont nombreux, mais les acteurs du secteur semblent déterminés à construire un modèle de presse plus résilient et plus inclusif.

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