Violences dans la lutte sénégalaise : l’Arène nationale menacée de fermeture

Les face-à-face et open press liés à la lutte sénégalaise ont été suspendus à titre conservatoire, dans un contexte marqué par une recrudescence des violences. Selon le quotidien sportif Record, la discipline a même échappé de peu à une suspension totale, après les récents affrontements entre supporters de Guédiawaye et des Parcelles Assainies.
Face à cette situation jugée préoccupante, le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, avait instruit le gouverneur de Dakar, Ousmane Kane, de procéder à la fermeture de l’Arène nationale. Toutefois, une ultime chance a été accordée au monde de la lutte, le gouverneur ayant obtenu un sursis afin de tenter une médiation de la dernière chance.
Une réunion de crise s’est ainsi tenue, réunissant l’ensemble des acteurs du milieu : promoteurs, managers, lutteurs, ainsi que le président du Comité national de gestion (CNG), Bira Sène. L’objectif : adresser un dernier avertissement clair et solennel à tous les intervenants.
L’Arène nationale, une “bombe” selon l’autorité administrative
Le diagnostic dressé par l’administration est jugé alarmant. S’appuyant sur un rapport du préfet, le gouverneur de Dakar a qualifié l’Arène nationale de véritable « bombe » à désamorcer, pointant de graves manquements en matière de sécurité.
« Je n’ai été qu’une seule fois à l’Arène nationale. Lorsque j’ai pris connaissance du rapport du préfet listant les insuffisances, j’en ai eu des frissons. L’absence d’extincteurs fonctionnels, alors que les combats mobilisent des budgets de 200 à 300 millions de francs CFA, est inacceptable », a-t-il déclaré.
Ousmane Kane a ainsi sommé le ministère des Sports de corriger immédiatement ces défaillances, avertissant qu’à défaut, une fermeture administrative du site pourrait être prononcée.
“Même moi, je n’ose pas sortir les jours de combat”
Le gouverneur n’a pas caché son exaspération face à l’insécurité récurrente qui accompagne les grands combats de lutte à Dakar.
« Même moi, Gouverneur de Dakar, je n’ose pas sortir les jours de combat », a-t-il confié, soulignant l’impact de ces violences sur la vie quotidienne des citoyens.
S’il privilégie le dialogue, Ousmane Kane a toutefois prévenu que la violence cessera « par la force si nécessaire », rappelant que « la sécurité des citoyens est non négociable ».
Engageant personnellement sa responsabilité, il a insisté sur la portée de cette médiation :
« J’ai demandé au ministre l’autorisation de tenir cette réunion pour donner une dernière chance au monde de la lutte. C’est ma crédibilité qui est en jeu, et je ne vais pas badiner avec ça. »
Appel aux leaders de la lutte
Dans un souci d’apaisement, le gouverneur a également sollicité l’implication des grandes figures de l’arène, notamment Balla Gaye 2 et Modou Lô, les invitant à prendre publiquement la parole afin de sensibiliser leurs communautés respectives de Guédiawaye et des Parcelles Assainies.
Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir immédiat de la lutte sénégalaise, désormais sous étroite surveillance des autorités

