Régulation des médias : Habibou Dia (Dircom) fustige la « mauvaise foi » et les « approximations » du Synpics et du CDEPS

DAKAR — Le face-à-face entre l’État et les organisations de presse monte d’un cran. Invité sur le plateau de Seneweb ce jeudi 5 mars 2026, le Directeur de la Communication, Habibou Dia, a vigoureusement défendu la nouvelle loi sur la régulation des médias. Entre accusations de dysfonctionnements internes au Synpics et démentis sur l’exclusion du CDEPS, il appelle les acteurs à plus de rigueur et de retenue.
Par la Rédaction (avec Seneweb)
Pour Habibou Dia, la levée de boucliers actuelle contre la nouvelle instance de régulation est infondée. Selon lui, les critiques formulées par le Syndicat des professionnels de l’information (Synpics) et le Conseil des éditeurs (CDEPS) relèvent soit d’une méconnaissance du dossier, soit d’une volonté délibérée de désinformer.
La fin de l’ère HARCA : Une évolution nécessaire
Le Directeur de la Communication justifie la réforme par l’obsolescence des anciens mécanismes de contrôle. La mutation de l’audiovisuel vers le numérique imposait, selon lui, un changement de paradigme.
- Limites de la HARCA : L’ancienne instance était jugée incapable de réguler l’écosystème actuel (réseaux sociaux, créateurs de contenus).
- Continuité législative : Habibou Dia rappelle que ce nouvel organe de régulation n’est pas une « surprise », mais une disposition déjà prévue dans le Code de la presse de 2017.
Le démenti sur l’exclusion des acteurs
L’un des points les plus virulents de son intervention concerne la représentativité lors des travaux préparatoires. Habibou Dia rejette l’idée d’une réforme « clandestine ».
- Le cas du CDEPS : Il affirme que l’organisation était bel et bien représentée par Bouna Manel Fall, avec une autorisation formelle de Mamoudou Ibra Kane.
- Le cas du Synpics : Il suggère un « problème de transmission » entre l’ancienne et la nouvelle équipe du syndicat, expliquant ainsi les « approximations » du secrétaire général actuel.
« Quand je vois certains communiqués, je suis sidéré. La crédibilité des entités est en jeu », a-t-il martelé.
La régulation comme « Contrat » avec l’État
Habibou Dia a tenu à clarifier la nature juridique de l’autorisation d’émettre. Loin d’être un droit absolu, il s’agit, selon lui, d’un engagement mutuel (contrat synallagmatique).
- Le cahier des charges : Tout opérateur privé s’engage à respecter des règles en contrepartie de l’utilisation des fréquences (domaine public).
- Réversibilité : Comme tout contrat, le non-respect des clauses peut entraîner un amendement ou une annulation de l’autorisation.
Un appel à la patience
Le Directeur de la Communication a conclu en invitant les journalistes à attendre la publication de la mouture finale du texte, amendée lors des débats parlementaires, avant de crier à la dérive liberticide. Pour lui, critiquer un texte dont on ne possède pas encore la version définitive est une erreur de méthode qui fragilise la profession.
Cette sortie musclée d’Habibou Dia marque une volonté du gouvernement de ne plus laisser le monopole de la parole aux organisations socioprofessionnelles sur ce dossier technique. En pointant des failles internes au Synpics et au CDEPS, l’État cherche à délégitimer la contestation tout en réaffirmant sa volonté de réguler un espace médiatique en pleine mutation numérique.

