Placement en garde à vue de Mor Mbaye Cissé : Seydi Gassama dénonce une atteinte à la liberté de la presse

Le placement en garde à vue du journaliste de Seneweb, Mor Mbaye Cissé, continue de susciter de vives réactions au sein de la presse et de la société civile. Parmi les voix qui se sont élevées pour dénoncer cette mesure figure celle de Seydi Gassama, directeur exécutif de la section sénégalaise d’Amnesty International.
Réagissant ce mercredi, le défenseur des droits humains a estimé que l’engagement d’un État en faveur de la bonne gouvernance et du respect des droits fondamentaux ne saurait être crédible lorsque des journalistes sont « harcelés, poursuivis et détenus ». Il a, dans le même élan, appelé les autorités sénégalaises à dépénaliser les délits de presse et à renforcer la protection des professionnels des médias dans l’exercice de leur mission d’information.
Pour rappel, Mor Mbaye Cissé a été placé en garde à vue mardi à la Sûreté urbaine après son audition par les enquêteurs. Cette mesure intervient à la suite d’une autosaisine du parquet pour diffusion présumée de fausses nouvelles.
Le journaliste est mis en cause après la publication d’un article exclusif portant sur l’arrestation du fils d’un magistrat du Pool judiciaire financier (PJF). Interpellé dans le cadre d’une enquête relative à un vol de 100 millions de FCFA commis en bande organisée, le suspect avait été appréhendé avec 25 millions de FCFA en sa possession.
Selon les premiers éléments de l’enquête relayés dans l’article, le jeune homme aurait déclaré avoir soustrait cette somme dans l’armoire de son père. Toutefois, les investigations menées par la suite auraient établi que l’argent provenait du vol faisant l’objet de l’enquête et non des fonds appartenant au magistrat.
C’est la diffusion de cette déclaration initiale, finalement contredite par les conclusions de l’enquête, qui vaut aujourd’hui au journaliste des poursuites pour diffusion présumée de fausses nouvelles.

