Photomontage visant le chef de l’État : le CORED se dessaisit après l’ouverture d’une procédure judiciaire

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Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a réagi, mercredi 11 mars 2026, à l’arrestation de l’auteur d’un photomontage caricaturant le président de la République. L’affaire a débuté le 9 mars, lorsque l’instance d’autorégulation a reçu un signalement concernant une production diffusée sur la plateforme Feeling Dakar TV, à la suite d’un discours prononcé lors de l’assemblée générale de la coalition Diomaye Président.

De l’autorégulation à la procédure judiciaire

Estimant que cette production était « contraire aux règles éthiques et déontologiques », le CORED avait d’abord décidé de s’autosaisir du dossier. Une instruction avait ainsi été engagée par son Tribunal des Pairs, dans le cadre de sa mission de régulation professionnelle des médias.

Toutefois, l’intervention des autorités judiciaires a modifié la situation. Le mardi 10 mars 2026, la Section de recherches de la Gendarmerie nationale du Sénégal a procédé à l’arrestation de l’auteur du photomontage pour « offense au Président de la République ».

Face à cette judiciarisation de l’affaire, le CORED a annoncé s’être dessaisi du dossier, précisant que le ministère public avait décidé d’enclencher une procédure judiciaire. L’instance a néanmoins informé le parquet que ses propres services avaient déjà entamé une procédure disciplinaire contre la personne mise en cause.

Un rappel des règles déontologiques

Malgré ce retrait, le CORED a profité de l’occasion pour rappeler aux journalistes et techniciens des médias les principes fondamentaux contenus dans le Code de la presse du Sénégal.

L’instance a notamment cité l’article 13, qui stipule que les professionnels des médias ne doivent pas « dénaturer un texte, un document, une image ou un son, ni l’opinion d’autrui ».

Elle a également rappelé l’article 17, selon lequel la publication d’un montage réalisé à partir de l’image d’une personne sans son consentement peut constituer une atteinte à la vie privée.

Enfin, l’article 18 insiste sur la nécessité de respecter la dignité humaine et d’éviter toute allusion stigmatisante ou discriminatoire dans les productions médiatiques.

Les réseaux sociaux appelés à plus de responsabilité

Dans son communiqué, le CORED a également mis en garde contre les dérives observées sur certaines plateformes numériques. Selon l’instance, les réseaux sociaux et autres plateformes numériques ne doivent pas être considérés comme des « zones de non-droit ».

Pour le régulateur, le respect des institutions constitue une exigence professionnelle dans l’exercice du métier de journaliste. Il avertit également que la diffusion ou le relais d’insultes et de propos irrévérencieux à l’encontre des autorités ou des citoyens peut menacer la cohésion sociale et la stabilité du pays.

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