Paris : Tension autour d’une manifestation interdite de la diaspora iranienne

Paris : Tension autour d’une manifestation interdite de la diaspora iranienne

Malgré une interdiction confirmée par la justice administrative, des milliers de manifestants se sont rassemblés ce samedi à Paris pour dénoncer la répression en Iran. L’opération de dispersion a entraîné par les forces de l’ordre a donné lieu à des échauffourées et à plusieurs interpellations.

Un rassemblement sous haute tension

Le quartier des Invalides, place Vauban, est devenu le théâtre d’une vive confrontation entre les forces de l’ordre et les membres de la diaspora iranienne. En dépit des décisions judiciaires, de nombreux manifestants, arrivés en bus de toute l’Europe, ont tenu à se rassembler. En fin de matinée, la police a procédé à des sommations avant d’interpeller une vingtaine de personnes. Selon Afchine Alavi, membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et co-organisateur, les forces de sécurité ont fait usage de gaz de poivre, causant plusieurs blessés au sein du cortège.

Un contexte de sécurité restreint

La préfecture de police de Paris avait, dès vendredi, interdit le rassemblement. Une décision confirmée ce samedi matin par le tribunal administratif. Les autorités justifiaient cette interdiction par le « contexte national et international particulièrement tendu » et craignaient des « affrontements entre des militants aux opinions antagonistes » qui pourraient perturber gravement l’ordre public.

Si les organisateurs — le collectif « Voix d’Iran » — affirment avoir appelé à la patience dans l’attente d’un recours en urgence, ils ont été dépassés par l’affluence. « On ne peut pas contrôler tout le monde et des bus sont arrivés de partout », a expliqué Afchine Alavi, tout en soulignant le caractère pacifique du rassemblement.

« Ni chah, ni mollah »

Sur place, malgré le déploiement policier, des milliers de manifestants ont maintenu leur présence, brandissant des drapeaux et des pancartes exprimant une opposition radicale au régime iranien avec des slogans tels que « Ni chah, ni mollah ».

Le collectif, qui regroupe diverses associations de la diaspora et des ONG internationales, visait dans un premier temps une mobilisation massive de près de 100 000 personnes pour alerter l’opinion publique sur la situation des droits humains en Iran. Cet événement illustre, une fois de plus, les difficultés des autorités françaises à gérer l’expression des tensions géopolitiques internes à la communauté iranienne sur le sol national.

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