Maroc : les 18 supporters sénégalais détenus observent un jeûne par intermittence, selon leur avocat

CAN 205 : les 18 supporters sénégalais détenus au Maroc entament une grève  de la faim - Brève Sport News Africa

Les 18 supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à Rabat observent un jeûne par intermittence, a indiqué samedi leur avocat à l’Agence France-Presse (AFP), au lendemain de l’annonce d’une grève de la faim.

Ces supporters sont poursuivis pour hooliganisme, une qualification pénale qui inclut notamment des actes de violence, des jets de projectiles, des dégradations d’équipements sportifs ainsi que des affrontements présumés avec les forces de l’ordre. La prochaine audience de leur procès est prévue jeudi prochain.

Selon leur avocat, Me Patrick Kabou, cette démarche vise à dénoncer ce que les détenus considèrent comme une injustice.
« Ils ont décidé de ne prendre que le petit-déjeuner. Le reste du temps, ils sont dans la prière et le recueillement », a-t-il expliqué, préférant parler d’un jeûne plutôt que d’une grève de la faim.

Dans un message transmis la veille par leur conseil, les supporters avaient évoqué un « jeûne continu jusqu’au jour où la justice marocaine leur permettra de s’exprimer ».

De son côté, le procureur du tribunal de première instance de Rabat a assuré, dans un communiqué publié samedi, que les détenus bénéficient « de manière normale et régulière des repas fournis par l’administration pénitentiaire ».

Selon une source proche du parquet, le directeur de l’établissement pénitentiaire a informé le procureur que sept détenus ne s’étaient pas présentés au déjeuner vendredi, mais avaient acheté de la nourriture. Tous auraient ensuite pris le dîner à la cantine de la prison.

Les supporters sénégalais ont également exprimé, dans leur message transmis à leur avocat, leur incompréhension face aux accusations portées contre eux. Ils affirment avoir été interrogés « en français et en arabe », langues qu’ils disent ne pas maîtriser, déclarant ne parler que le wolof.

Le procureur a toutefois indiqué qu’un interprète avait assuré la traduction « de l’intégralité des échanges » en français, précisant que cette langue serait « comprise et parlée par l’ensemble des détenus sans exception ».

Contactées par l’AFP, les autorités sénégalaises ne s’étaient pas exprimées dans l’immédiat.

Pour rappel, les faits remontent au 18 janvier, lors de la finale de la CAN disputée à Rabat. Le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match tendu, marqué par de nombreux incidents. À la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir la pelouse, provoquant une interruption du match d’environ 15 minutes.

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