Affaire Prodac : Entre sérénité et résilience, les soutiens de Pape Malick Ndour brisent le silence
Incarcéré à la prison de Rebeuss depuis le 15 mai dans le cadre de l’affaire du Prodac, l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, reste une figure centrale des débats, d’autant plus dans le contexte actuel de polémique sur la « dette cachée ». Alors que l’instruction suit son cours, ses proches et collaborateurs brossent le portrait d’un homme combattant, convaincu de son innocence et dénonçant une « machination politique ».
Un moral d’acier derrière les barreaux
Loin de l’abattement qui pourrait susciter un séjour à Rebeuss, Pape Malick Ndour surpris par sa résilience. Selon les confidences recueillies par L’Observateur , ses visiteurs ont identifié un homme serein. « Quand tu le vois physiquement, tu ne sens pas qu’il est en prison », témoigne son ami Amath Diouf. Pour sa sœur, Khadidiatou Ndour, cette force émane d’une conviction profonde : « On peut emprisonner un corps, mais pas un esprit tranquille. »
Même en détention, l’ancien ministre ne décroche pas des affaires publiques. Ses échanges avec ses visiteurs témoignent d’une attention constante portée aux questions économiques et à la gestion de la coalition, prouvant que, pour lui, l’engagement politique survit à l’enfermement.
La thèse de la « machination politique »
Pour son entourage et les cadres de l’APR, l’inculpation pour le détournement présuppose de deux milliards de francs CFA ne serait qu’un paravent. Le terme d’« arrestation politique » revient en leitmotiv dans les discours de ses soutiens. Sa sœur martèle qu’il est « incapable de détourner le plus petit franc » et qu’il est la cible d’un régime actuel cherchant à sanctionner ses prises de position passées.
Hamidou Anne, coordinateur de la Cap au sein de l’APR, abonde dans ce sens en dénonçant une « injustice » flagrante. Il souligne toutefois la durée réalité du terrain : les conditions de vie à Rebeuss, un établissement pénitentiaire où la surpopulation — accueillant près de 3 000 détenus pour une capacité initiale de 800 — rendent l’épreuve particulièrement éprouvante.
Un appel à « une justice libre et indépendante »
Alors que la mobilisation s’organise — avec des rencontres hebdomadaires surnommées les « mardis de Rebeuss » — l’entourage de l’ex-ministre maintient une ligne de défense constante. Le mot d’ordre est désormais tourné vers l’institution judiciaire. Ses proches réclament une libération qu’ils estiment légitime, se déclarent confiants dans le fait qu’une justice libérée des contingences politiques finira par reconnaître l’innocence de Pape Malick Ndour.
Pour ses soutiens, le temps est désormais devenu le juge de paix. Reste à savoir comment le dossier du Prodac, complexe et éminemment politique, évoluant face à ces arguments de défense axés sur la probité personnelle et la dénonciation d’un climat de répression judiciaire.

