Diplomatie : Le Luxembourg s’inquiète du projet de loi sur l’homosexualité au Sénégal

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LUXEMBOURG / DAKAR — Les déclarations de Xavier Bettel marquent une nouvelle étape dans le bras de fer idéologique entre le Sénégal et une partie de la communauté internationale sur la question des minorités sexuelles. L’ancien Premier ministre luxembourgeois fustige une législation qu’il juge rétrograde, tandis que les autorités sénégalaises réaffirment leur souveraineté culturelle et législative.

Par la Rédaction

L’indignation de Xavier Bettel

Le ministre luxembourgeois, ouvertement homosexuel et fervent défenseur des droits LGBTQ+ sur la scène mondiale, n’a pas mâché ses mots concernant la nature du texte annoncé par Ousmane Sonko.

Xavier Bettel s’est dit « profondément préoccupé » par l’assimilation de l’homosexualité ou de la bisexualité à des pratiques telles que la zoophilie ou la nécrophilie dans le projet de loi.

Pour le diplomate, l’attirance pour une personne du même sexe est une « réalité de la nature » et non un choix, contrairement au refus de l’accepter qui est, selon lui, une décision politique ou idéologique.

Un contentieux qui dure depuis 2024

Ce n’est pas la première fois que Xavier Bettel interpelle l’exécutif sénégalais. Les tensions avaient déjà atteint un sommet lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2024.

Il avait alors directement chargé le Président Bassirou Diomaye Faye, estimant qu’un chef d’État a le devoir de protéger les minorités, même si la majorité de la population y est hostile.

La position de Diomaye Faye : Le Président sénégalais avait répliqué en soulignant que son rôle est de respecter les valeurs et la volonté de son peuple. Il avait alors soutenu que si la population considérait ces actes comme des crimes, il agirait en conséquence, s’opposant ainsi à la vision de Bettel sur la « protection des minorités » contre l’avis de la majorité.

Le contexte du projet de loi

L’initiative d’Ousmane Sonko intervient dans un climat où les organisations religieuses et civiles sénégalaises (comme le collectif And Samm Jikko yi) réclament depuis des années une criminalisation spécifique de l’homosexualité, actuellement punie par l’article 419 du Code pénal sous la qualification d' »actes contre nature ».

La sortie de Xavier Bettel illustre le fossé croissant entre la diplomatie des valeurs prônée par certains pays occidentaux et la diplomatie de souveraineté culturelle revendiquée par les nouvelles autorités sénégalaises. Si ce projet de loi est effectivement déposé à l’Assemblée nationale la semaine prochaine, il pourrait refroidir durablement les relations entre Dakar et ses partenaires de l’Union européenne, tout en consolidant l’assise politique d’Ousmane Sonko sur le plan national.

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