Judiciaire : Me Moussa Diop et Cheikh Oumar Diagne convoqués à la Sûreté urbaine

DAKAR — Le front médiatico-judiciaire s’embrase à nouveau. Ce vendredi 6 mars 2026, l’avocat Me Moussa Diop et le professeur Cheikh Oumar Diagne sont attendus dans les locaux de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. Sous les ordres du commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng, les enquêteurs agissent sur instruction du Procureur de la République, qui s’est autosaisi suite à des déclarations jugées graves visant le Premier ministre Ousmane Sonko.
Par la Rédaction
L’information, initialement partagée par le journaliste Cheikh Thiam, a été confirmée et précisée. Il s’agit de deux procédures distinctes mais liées par la nature des accusations portées contre le chef du gouvernement sur des plateaux de télévision.
Les griefs retenus contre Cheikh Oumar Diagne
Le professeur Cheikh Oumar Diagne devra s’expliquer sur des propos d’une extrême gravité tenus lors d’une émission télévisée. Il a ouvertement accusé le Premier ministre Ousmane Sonko d’être le « commanditaire » de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, décédé récemment à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Cette accusation de complicité de meurtre ou d’instigation à la violence est au cœur de l’enquête ouverte par le parquet.
Me Moussa Diop face à des accusations de mœurs
De son côté, l’avocat Me Moussa Diop est poursuivi pour des déclarations tenues sur une autre chaîne de télévision. Il y aurait affirmé que le chef du gouvernement entretenait des « relations amicales avec des homosexuels ».
Dans un contexte social et politique sénégalais très sensible sur les questions de mœurs, ces propos sont susceptibles d’être qualifiés de diffamation ou de diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public.
L’autosaisine du Procureur : Un signal fort
L’ouverture de ces enquêtes par le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar marque une volonté de réguler la parole publique sur les médias audiovisuels. L’autosaisine (procédure par laquelle le procureur décide de poursuivre sans plainte préalable de la victime) souligne la perception par l’État d’une menace contre la stabilité des institutions ou de l’honneur des autorités.
Une audition sous haute tension
Les deux mis en cause devront apporter des preuves tangibles ou des éléments de justification convaincants pour étayer leurs affirmations. À défaut, ils s’exposent à un placement en garde à vue à l’issue de leurs auditions respectives.
Cette convocation simultanée de deux opposants ou critiques du régime actuel replace la question de la liberté d’expression et de ses limites juridiques au centre du débat national. Les conclusions de l’enquête de la Sûreté urbaine détermineront si ces dossiers déboucheront sur une présentation devant le parquet ou un classement sans suite.

