Succession à l’ONU : Horizon Sans Frontières s’oppose fermement à Macky Sall au nom de l’éthique mondiale

DAKAR — Le débat sur le futur Secrétaire général des Nations Unies prend une tournure polémique au Sénégal. Dans un communiqué au vitriol intitulé « Candidature de Macky Sall, du sang sénégalais à l’ONU », l’ONG Horizon Sans Frontières (HSF) s’est vigoureusement opposée à l’idée de voir l’ex-président sénégalais briguer la tête de l’institution mondiale.
Par la Rédaction
Alors que le nom de Macky Sall circule avec insistance dans les cercles diplomatiques, la résistance s’organise sur le terrain national. Pour Boubacar Sèye, président de l’ONG HSF, cette éventuelle ascension ne serait pas une victoire diplomatique, mais une « trahison » des valeurs onusiennes.
« Un bilan national en contradiction avec les principes de l’ONU »
Le rôle de Secrétaire général des Nations Unies dépasse la simple gestion diplomatique : il incarne la conscience morale de l’humanité. C’est sur ce terrain de l’éthique que HSF fonde son opposition. Selon l’ONG, l’histoire récente du Sénégal sous l’ère Macky Sall (2021-2024) disqualifie d’emblée l’ancien chef de l’État.
« La candidature de Macky Sall, compte tenu de son bilan national, ternit l’image de l’ONU. L’institution risque de perdre sa crédibilité auprès des populations si elle permet à un tel dirigeant de briguer sa direction », affirme Boubacar Sèye.
Le réquisitoire : Répression et violations des droits humains
L’ONG rappelle avec virulence les événements tragiques qui ont secoué le Sénégal ces dernières années. Elle pointe du doigt une responsabilité directe de l’ancien régime dans :
- La violence d’État : Dirigée contre des manifestants pacifiques et des opposants.
- Les atteintes aux libertés : Arrestations arbitraires de journalistes et d’acteurs de la société civile.
- Le non-respect de l’intégrité physique : Des rapports faisant état de tortures et de détentions prolongées.
Pour HSF, valider cette candidature reviendrait à envoyer un « signal dangereux » à la communauté internationale : celui que la répression domestique n’est pas un obstacle à la légitimité globale.
Un malaise politique à Dakar
Au-delà de la société civile, le malaise est palpable au sommet de l’État. Le nouveau régime, porté au pouvoir par une promesse de rupture, semble rechigner à parrainer la candidature de son prédécesseur. Sans le soutien officiel de son pays d’origine, l’ambition de Macky Sall pour New York pourrait se heurter à un mur institutionnel infranchissable.
La sortie de HSF marque une nouvelle étape dans la déconstruction de l’image internationale de Macky Sall. En liant le « sang sénégalais » à la prestigieuse fonction de Secrétaire général, Boubacar Sèye place l’ONU devant ses propres responsabilités : privilégier le poids politique d’un leader continental ou préserver l’intégrité morale de sa charte.

