Marché des titres publics : le Sénégal lève 125,7 milliards de FCFA malgré un contexte budgétaire tendu
Malgré un environnement financier marqué par des tensions budgétaires et la suspension de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), l’État du Sénégal continue de mobiliser des ressources sur le marché financier régional. Le 30 janvier 2025, il a levé 125,7 milliards de francs CFA à l’issue d’une émission simultanée de titres publics, dépassant ainsi l’objectif initial fixé à 120 milliards.
Cette opération s’inscrit dans la stratégie annoncée par les autorités sénégalaises de lever 4 132 milliards de FCFA sur le marché régional au cours de l’année 2025, afin de faire face à ses besoins de financement, dans un contexte marqué notamment par l’affaire de la dette cachée.
Une forte demande des investisseurs
L’appétit des investisseurs s’est confirmé lors de l’adjudication, avec des soumissions atteignant 142 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 118,4 %. Toutefois, le Trésor sénégalais n’a retenu que 125,7 milliards, correspondant à un taux d’absorption de 88,4 %.
Dans le détail, l’essentiel des fonds a été mobilisé à travers le Bon assimilable du Trésor (BAT) d’un an, qui a permis de lever 113,3 milliards de FCFA. Les Obligations assimilables du Trésor (OAT) ont, quant à elles, rapporté 8,1 milliards de FCFA sur la maturité de trois ans et 4,2 milliards de FCFA sur celle de cinq ans.
Désaffection pour les maturités longues
En revanche, l’OAT de sept ans n’a enregistré aucune souscription, confirmant la prudence des investisseurs qui privilégient nettement les maturités courtes dans un contexte d’incertitudes macroéconomiques.
Une participation régionale marquée
Les souscriptions proviennent de l’ensemble des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour le BAT d’un an, les investisseurs togolais arrivent en tête avec 60 milliards de FCFA, suivis du Sénégal (12,5 milliards), de la Côte d’Ivoire (11,5 milliards), du Bénin (18,7 milliards), du Mali (5,5 milliards) et du Burkina Faso (5 milliards).
S’agissant des OAT de trois ans, les souscripteurs du Niger ont engagé 1 milliard de FCFA, tandis que ceux de la Guinée-Bissau ont souscrit à hauteur de 500 millions de FCFA.

