Transfert historique en Guinée équatoriale : Ciudad de La Paz devient officiellement la capitale du pays

C’est un tournant majeur pour la Guinée équatoriale. Par décret présidentiel, le siège administratif de l’État a été officiellement transféré de Malabo, située sur l’île de Bioko, à Ciudad de La Paz, au cœur de la partie continentale du pays. Ce déménagement, mûri depuis deux décennies, marque la concrétisation de l’un des plus vastes projets d’infrastructure du continent.
Un projet de longue date pour une vision stratégique
Le transfert de la capitale vers Ciudad de La Paz (anciennement connue sous le nom de Djibloho) n’est pas une décision soudaine. Ce projet pharaonique, en préparation depuis près de vingt ans, répond à une volonté du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de moderniser l’appareil d’État tout en corrigeant un déséquilibre géographique.
Jusqu’à présent, Malabo, la capitale historique, était isolée sur une île, loin des réalités du territoire continental. Le président souligne que ce nouveau choix vise à « renforcer la position stratégique du pays sur le continent » et à mieux intégrer l’administration nationale au cœur géographique de la Guinée équatoriale.
Désengorger Malabo : une nécessité urbaine
Outre les enjeux de sécurité et de souveraineté, ce déménagement répond à une urgence urbanistique. Malabo a connu ces dernières années une croissance démographique et urbaine fulgurante, menant à une saturation de ses infrastructures.
En déplaçant le centre décisionnel vers Ciudad de La Paz, une cité moderne bâtie ex nihilo en pleine forêt, le gouvernement espère offrir un cadre de vie plus organisé et fluide, tout en favorisant le développement économique de l’intérieur des terres.
Un calendrier rigoureux pour l’administration
Le décret présidentiel ne laisse que peu de place à la procrastination. Les services de la présidence, l’ensemble des agences gouvernementales et les entreprises publiques sont sommés d’organiser leur transfert définitif vers la nouvelle capitale dans un délai d’un an.
Toutefois, une zone d’ombre subsiste : le texte officiel ne précise pas si les ambassades étrangères et les représentations internationales devront emboîter le pas immédiatement ou si elles conserveront, pour un temps, leurs quartiers à Malabo.
Le nouveau centre névralgique du pouvoir
Ciudad de La Paz s’inscrit désormais dans la lignée des capitales africaines modernes nées d’une volonté politique forte, à l’image d’Abuja au Nigeria ou de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Pour le régime équato-guinéen, cette nouvelle cité est le symbole d’un pays qui mise sur ses ressources pour s’imposer comme un carrefour administratif et diplomatique incontournable en Afrique Centrale.

